Communiqué en course n°14
Bateau village

Mardi midi,

C'est par 1,5° Sud que nous retrouvons Laurence ce matin au pointage de 6h. Ça y est, le passage de l'équateur est fait, les formalités neptunienne sont effectuées, la bouteille de cidre est vidée et le bateau allégé d'autant, et Laurence en profite pour continuer de filer !

Et ce matin, la surprise ! Laurence est 13ème !!! Joie vite calmée, car après une rapide analyse, les 2 bateaux qui sont passés derrière elle entre hier midi et ce matin sont ... les 2 premiers plus le 5ème ... Ça y est, les hallucinations dues au manque de sommeil dû au manque de pilote automatique dû au manque d'énergie dû à la panne de la pile reprennent ! Mais non, suis-je bête (et naïve), en fait, les 2 premiers des bateaux de séries ont été touchés par le même syndrôme que celui qui touche les proto depuis 2-3 jours : la balise qui tombe en panne (très naïve ...) ! Ceci ayant comme effet secondaire mais immédiat la non repérabilité, par l'organisation mais aussi par les autres concurrents, toujours avides des maigres informations données sur le positionnement des plus proches bateaux. Chaque jour, tous les skippers attendent avec impatience le pointage donné par les bateaux organisateurs, qui permettent de valider ses choix tactiques ou au contraire d'infléchir sa route, au gré des gains ou pertes de places entre deux classements. Cruelle coïncidence ou stratégie adoptée en masse même si interdite (la balise est un organe de sécurité), cette curieuse maladie peut permettre à certains de se faufiler discrètement entre les filets de pêcheurs brésiliens sans être suivie par tous les petits copains qui, au vu des classements à Madère et des faibles écarts en temps, peuvent encore espérer monter sur le podium à la place du calife. N'en déplaise à certains, Yves, premier proto, devrait franchir la ligne dans la soirée (heure française), s'il ne se fait pas scotcher à l'entrée de la baie par le vent tombé à l'heure de la caïpirinha, ou si son dauphin, non repéré depuis 2 jours, n'est pas devant lui ...

Ceci étant, pour la troupe de ministe qui nous intéresse, et qui ne sera pas sur le podium, quelles que soient les maladies et autres magies brésiliennes invoquées, le pointage existe toujours et nous permet d'affiner nos petits calculs mathématiques. Pour vérifier que Laurence a une préférence pour les Bertrand (3 skippers ainsi prénommés l'entourent), qu'elle les grignote lentement (pour les amateurs, c'est un détail important), puisque 20 petits milles la séparent de celui qui se trouve juste devant elle, soit 16 de gagnés en 24h ! Comptez les points, il reste 800 milles à parcourir, elle pourrait passer devant. Enfin, rien n'est joué pour le moment, et ce qu'il se passe en tête de course le confirme, puisque notre ami Ronan, 3ème en proto depuis quelques jours et creusant régulièrement l'écart avec son suiveur, vient de se faire reprendre la 3ème place et 53 milles en 24h, probablement à cause d'un positionnement trop à la côte brésilienne ... Et oui, il connaît déjà les brésiliennes depuis son épopée de 2005, alors trop pressé Ronan ? Donc pas de précipitation, 800 milles, c'est très très long encore, et on croise juste les doigts pour que l'écart avec Béné remonte, car elle s'est rapprochée à 16 milles alors que ce matin à 6h, 25 milles les séparaient encore. Soit une vitesse moyenne de 6,5 nœuds pour Laurence, et 8 nœuds pour Béné. Quasi incroyable, alors qu'elles sont dans la même zone. Mes hallucinations reprennent, et là je n'ai pas d'explication (pour le moment, mais je reste connectée ...!).

Et les paris sont ouverts pour l'ETA (Estimated Arrival Time) de Laurence à la marina de Bahia : dimanche 9h avec mes derniers calculs, mais interdiction de copier, ou je coupe ma balise ! Alors tous à vos calculettes, et bon vent ! Nath

 

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