Trophée Marie-Agnès Péron 2007
Bateau village

Jeudi, 11h25 :

Un bien mauvais départ pour le mini 435 ÖkoFEN, tellement concentrée à quelques minutes de passer la ligne, que j’en ai oublié de préparer le spi… Un peu de stress, peut-être ? La longue et peu ventée baie de Douarnenez me permet de doubler mes premiers concurrents, en enchaînant les empannages sous spi, histoire de vite se remettre dans le bain des manœuvres en solitaire.

Je passe enfin le raz de Sein avec un début de contre-courant. Juste à temps ! Devant, c’est le calme plat, avec 60 bateaux posés au milieu de la baie, attendant le vent. Un brin en retard, je profite d’une veine de vent qui se lève le long des falaises pour doubler tout le paquet d’un coup, accompagnée par 2-3 autres retardataires. Et c’est donc avec un retour en 10ème position environ que je réintègre la course !

Première nuit ventée, où il ne faut pas dormir car le pilote automatique n’est pas très fort dans ces conditions. Je succombe malgré tout au sommeil vers 3 heures du matin, et me fais distancer par les amateurs de nuit blanche. Et malgré une courte « nuit » de 4 fois 20 minutes, je me retrouve dans le paquet du milieu au petit matin. Arghhhh.

Vendredi :

Une bonne option et un peu de chance plus tard, je sors de la pétole de Groix devant mon paquet, et décide d’attaquer pour recoller le groupe de devant. Une algue inopportune va décider de mon sort pour les 20 heures suivantes. S’ensuit une longue journée à me faire doubler, par manque de vitesse, mais je n’arrive pas à me débarrasser de l’intruse. Et l’idée de plonger sous ma coque pour voir de quoi il retourne ne me tente pas vraiment. Donc je navigue avec. L’option en début de nuit de longer le sud des Glénan, entre les cailloux, se révèle très efficace, et me permet de rattraper une partie de mon retard. Et au petit matin, après une énième tentative pour me libérer de ma passagère clandestine, elle se décide enfin à me laisser filer.

Samedi :

C’est parti pour une journée quasi complète sous spi, soleil et mer plate, des conditions idylliques si je n’étais en course à devoir doubler sans répit mes concurrents. La tâche est ardue, d’autant plus que le manque de sommeil se fait cruellement sentir. Mais vu ce que j’ai perdu la première nuit, je refuse d’aller dormir plus de 15 minutes épisodiques, et tombe régulièrement dans des rêves bizarres, la main sur la barre et le bateau qui file. Mais tout se déroule sans encombre, et mes petites « absences » ont peu d’impact sur la vitesse du bateau. Dans la baie de Douarnenez, dernier « ligne droite » avant le grand repos, le vent qui tourne manque me faire gagner à nouveau 15 places d’un coup. Mais comme il y a une justice, il continue à tourner et je reperds mes 15 places si facilement gagnées ! Sous l’œil un rien moqueur et rassuré de mes voisins. L’arrivée en début de soirée (19h20) au port n’est pas pour me déplaire, d’autant plus que le vent tombe, le courant se lève et que certains encore en mer devront passer la nuit sur leur ancre à moins de 5km de la ligne d’arrivée… La remise des prix qui s’ensuivit fut l’occasion de partager et mieux comprendre les différentes phases de course. Egalement d’apprendre que les premiers n’ont dormi que 20 minutes en 3 jours, et qu’avec mon heure et demie de sommeil par 24 heures, je fais un peu office de touriste. Mais aussi que mes bons coups tactiques sont sûrement liés à ces fameuses heures de sommeil, indispensable pour moi pour garder un minimum de lucidité.

Reste à analyser au mieux cette expérience, sur le plans des réglages et de la tactique, mais aussi côté gestion de la nourriture, du matériel et du sommeil pour encore progresser, et faire mieux la prochaine fois.

Suite en Juillet avec l’Opensail Simrad